Algorithme Instagram : copains comme pognon

Dans un article du 15 mars sur son blog, le réseau social Instagram a annoncé un changement dans l’organisation des photos affichées aux utilisateurs. Pour le moment, si vous êtes parmi les plus de 300 millions de membres, vous disposez d’un fil d’actualité par ordre antéchronologique des publications des comptes auxquels vous êtes abonnés. En terme moins savant, vous voyez tout du plus récent au plus ancien. Mais les temps changent, et Instagram aussi.

L’annonce d’une volonté de mise en valeur des meilleures photos

Pour être considérée comme étant une super photo à succès par l’algorithme d’Instagram, il faut faire partie des 30 % des publications les plus appréciées parmi mes abonnements. Si vous suivez 10 camarades de votre ancienne classe de CP sur Instagram, et que chacun poste une photo, alors vous verrez en premier les 3 plus performantes en premier sur votre application.
Il y a toujours la possibilité de voir les autres. Il serait en effet dommage de manquer la photo du dernier dessert que Madeline a mangé chez sa grand-mère. Seulement, vous ne le verrez qu’après avoir été exposées aux 3 fameuses photos stars.

Une évolution à la Facebook ?

Avec les éléments dont nous disposons, nous pouvons risquer une prédiction vers de futurs changements sur Instagram qui vont en faire un Facebook alternatif. Le portail bleu de Mark Zuckerberg est par exemple capable de repérer les publications auxquelles vous avez été exposés et qui ont suscité votre attention, sans que n’ayez nécessairement interagi avec elles. Vous pouvez lire un titre, regarder les commentaires, mais sans intervenir. Cela Facebook le voit. Il est facile d’imaginer que ce type de technologie qui permet de détecter les posts préférés des internautes soit mis à contribution sur Instagram, que Facebook a racheté en 2012.

Pas content, pas content !

Le « reach » de Facebook est quelque chose d’assez controversé chez les internautes. Il y a un sentiment de louper les choses qui auraient pu nous intéresser, en suivant le principe qu’on a forcément les mêmes goûts que nos amis. Cette capacité de prédiction (« machine learning », pour faire bien en dîner mondain) est technologiquement admirable. Cela reste des mathématiques, et nous humains sommes des êtres sensibles qui aiment notre libre arbitre.

image

La grogne des utilisateurs d’Instagram se résume à peu près à ceci : « Je peux aimer un truc dont tout le monde se fiche, ce n’est pas une machine qui va me dire ce que je dois aimer, d’abord ! »

image

La porte ouverte à toutes les publicités

Soyons sincères, Facebook est un beau portail publicitaire. Même si vous n’y prêtez pas toujours attention, vous y êtes tout de même exposé.

Instagram est une plateforme sociale qui se consomme rapidement. On défile avec sous pouce les différentes images publiées par les comptes auxquels on est abonné, on Like ou pas, on commente parfois, et c’est tout. Bien sûr il est possible de faire des recherches par hashtag, géographie… mais cela doit venir de nous et c’est un effort supplémentaire.

Dès lors qu’on met en place un système de tri dans un système, cela permet non seulement de dévaloriser des choses, mais aussi de les mettre en avant.
D’une part, créer un classement dont on ne connaît pas tous les rouages force les utilisateurs à aller plus loin dans l’application pour une consommation prolongée, soit une exposition plus longue aux potentielles publicités.
D’autre part, qui dit publicité, dit ciblage marketing, valorisation de l’investissement… Facebook disposant d’une base de données client immense, il est naturel qu’on couple tout cela pour sponsoriser des posts. Plus un algorithme trie les publications, moins on a de chance de faire apparaître celles dans lesquelles on investit en tant que marque. La solution est donc : acheter des campagnes publicitaires sur Instagram.

image

Don’t be evil

C’est ce que disait Google. Instagram pourrait reprendre un slogan similaire. Après tout, ils ne vont pas s’amuser à développer puis mettre en ligne un changement d’affichage des posts à base de super-calculs sur des millions de comptes et des milliards de photos… juste pour faire joli !
C’est le jeu ma pauv’ Lucette.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *